Irène est passée sur New-York sans faire beaucoup de dégâts.
Mais une ville innondée, doit-elle être vue forcément comme une ville sinistrée ? Esquisse de réponse avec cette image.
Architecture, Mobilité, Nomadisme, Urbanisme, Nouveaux Imaginaires, Nouvelles Technologies, Nouvelles Fictions, Ville(s) 3.0 / City 3.0, Mobilité(s) 3.0 / Mobility 3.0
Irène est passée sur New-York sans faire beaucoup de dégâts.

Au lendemain de la catastrophe déclenchée par le passage de Katrina sur la Nouvelle Orléans, la Federal emergency Management Agency, dont je vous ai déjà parlé dans "Le pire scénario", avait lancé son opération FEMA Trailer destinée à offrir dans les situations de grande catastrophe des logements d'urgence aux sinistrés sous forme de caravanes. (voir photos ci-dessus, et beaucoup plus d'explications, là).

Sur le rôle possibles des mobile homes dans l'urbanisme futur, voir "The Great next exodus ?", et sur le modulaire, là.
Voir là, mais aussi "weather panic : the new normal ?" et du rôle des catastrophes dans la réflexion prospective.
Et pour continuer à se faire peur, mais en évitant surtout de réfléchir à l'influence de nos modes de vies sur les changements climatiques, il reste toujours "The Day After Tomorrow" ou "The Coming Global Superstorm", le livre qui a inspiré le film. Mais là, les sacs de sable ne serviront plus à grand chose.



Quand certaines voitures font penser à la mort et certaines rues à une morgue. C'est signé du grand Robert Bechtle.




La course à la Lune, JFK, Marilyn, Elvis, Roswell ... ou quand les grands mythes américains du XX° siècle sont à rebricoler soi-même.
Explications, là.


Et de façon plus large là et là, sans oublier "New floating cities" ni "Le paquebot symbole des mutations urbaines ?"
Bangkok a deux particularités.
Si un tel scénario catastrophe devait se réaliser, Bangkok pourrait alors en 2050 ressembler à quelque chose comme les images ci-dessous. Celle que certains qualifient de "Venise de l'Asie" ressemblerait alors plutôt à l'Atlantide - voir, là.

Ce photo-montage est tiré du projet de Haen Suk Yi, visant à construire des tours permettant aux habitants de vivre au dessus de l'eau.

Évidement après avoir un tel projet, on est amené à regarder un peu autrement les fameuses tours abandonnées de Bangkok. C'est à dire non plus les premières ruines du XXI° siècle, mais comme les possibles futurs polders verticaux d'une nouvelle cité lacustre.
L'action se passe dans un Melbourne noyé en partie sous les eaux à cause de la montée du niveau de la mer, et qui voit une partie de sa population - les plus pauvres - se réfugier dans les tours abandonnées du CBD.





Pour prolonger mes récentes réflexions sur la forme des bidonvilles dans les années à venir (voir là), je voulais vous proposer ces quelques images tirées de l'exceptionnel et passionnant travail conduit par Mikhael Subotzky et Patrick Waterhouse sur la tour Ponte City située au coeur de Johannesburg (Plus de photos, là.)

Si je vous parle de cette tour dans ce post, c'est que son histoire reflète, selon moi, un phénomène de plus en plus courant dans les mégapoles du sud, celui de l'occupation plus ou moins légale des tours abandonnées, et la transformation de ces dernières en véritables bidonvilles verticaux, comme, par exemple, ci-dessous au coeur de Luanda, la capitale angolaise.
Je parle de phénomène récent car jusqu'à ces dernières années, les tours étaient - et sont encore très majoritairement - les symboles de la réussite économique et de la richesse. (voir, là ou là). Une des rares exceptions était la fameuse São Vito de Sao Paulo (photos ci-dessous), transformée en favela verticale depuis plus de vingt ans.

Mais la crise de 2008 a peu à peu bouleversé les choses en entraînant dans un certain nombre de villes du sud, notamment Bangkok ou Resistencia en Argentine le brusque arrêt de la construction de certaines tours dont les promoteurs avaient déposé le bilan. Ces bâtiments, plus ou moins finis, sont devenus au fil des ans de véritables alternatives pour des populations pauvres en mal de logements.

Et ci-dessous, extraits de "Au coeur du plus grand squat du monde"
Évidement devant de telles images, on peut imaginer de nombreux scenarii urbains, notament celui de villes riches qui, sous l'influence d'une grave crise économique, verraient leur quartier d'affaires s'effondrer et leurs luxueuses tours se transformer en bidonvilles. Certains l'ont déja imaginé et illustré avec la fameuse tour Swiss Ré installée au coeur de la City de Londres - voir ci-dessous. (Plus, là)
Une des autres pistes de réflexions serait de regarder autrement les images de ruines urbaines comme celle-ci dessous, en ne les voyant pas comme des images de catastrophe, mais au contraire comme le point départ de nouveaux développements architecturaux et urbains. (Voir sur ce sujet, Next cities, Destroy the tower et The next incredible London ? )
Une image de ruines ou de bâtiment en démolition peut, en effet, parfois prendre un tout autre sens quand elle est confrontée à une image de chantier.
Entre tour abandonnée et construction modulaire semble ainsi pouvoir peut-être se dessiner de nouvelles hypothèses pour demain, comme le montre certains projets tel celui de Vertical Slum, illustrée ci-dessous et qui n'est pas sans rappeler celui-ci, celui-ci ou celui-ci.
De façon plus glauque, voir aussi Dystopia favela